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      Esprit et contexte de Vatican II

Esprit et contexte de Vatican II

Articles de Gérard Muller, Repères 97 et 98, mars et juin 2012

Ouverte par le pape Jean XXIII, conclue par Paul VI, l’assemblée du Concile Vatican II a renouvelé le rapport de l’Église au monde et aux autres religions.

Des avancées qui, il y a cinquante ans, étaient novatrices.


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  • Secrétaire aux finances ACO
  • 3 février 2015
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L’esprit de Vatican II

Le 11 octobre 1962, Jean XXIII ouvrait à Rome le concile œcuménique Vatican II.
Dans son discours d’ouverture, le Pape donna le ton et l’esprit des travaux :

Il est nécessaire avant tout que l’Église ne détourne jamais son regard de l’héritage sacré de vérité qu’elle a reçu des anciens. Mais il faut aussi qu’elle se tourne vers les temps présents, qui entraînent de nouvelles situations, de nouvelles formes de vie, et ouvrent de nouvelles voies à l’apostolat catholique ».

**Étroite solidarité de l’Église avec l’ensemble de la famille humaine

[("Les joies et les espoirs, les tristesses et les angoisses des hommes de ce temps, des pauvres surtout et de tous ceux qui souffrent, sont aussi les joies et les espoirs, les tristesses et les angoisses des disciples du Christ, et il n’est rien de vraiment humain qui ne trouve écho dans leur cœur. Leur communauté, en effet, s’édifie avec des hommes, rassemblés dans le Christ, conduits par l’Esprit Saint dans leur marche vers le Royaume du Père, et porteurs d’un message de salut qu’il faut proposer à tous. La communauté des chrétiens se reconnaît donc réellement et intimement solidaire du genre humain et de son histoire." [1])]

**Répondre aux appels de l’Esprit

[("Mû par la foi, se sachant conduit par l’Esprit du Seigneur qui remplit l’univers, le Peuple de Dieu s’efforce de discerner dans les événements, les exigences et les requêtes de notre temps, auxquels il participe avec les autres hommes, quels sont les signes véritables de la présence ou du dessein de Dieu. La foi, en effet, éclaire toutes choses d’une lumière nouvelle et nous fait connaître la volonté divine sur la vocation intégrale de l’homme, orientant ainsi l’esprit vers des solutions pleinement humaines." [2])]

Contexte de Vatican II

Le premier contexte fait référence à l’influence exercée par des événements lointains. Notons les racines profondes de la question du rapport Église-Etat. Les experts ont décrit le Concile comme marquant « la fin de l’époque constantinienne », allusion à la reconnaissance officielle et au statut privilégié accordés à l’Église par l’empereur romain Constantin.

**Différents contextes

Évoquons le contexte de la « modernité » qui, pour l’Église catholique, va de la Révolution française à la fin du pontificat de Pie XII en 1958. La Révolution française et la philosophie qui la sous-tend ont traumatisé l’Église officielle, réfugiée longtemps dans une posture contre révolutionnaire.

Plus largement, Vatican II héritait d’aspects tels que les progrès dans les matières biblique, liturgique, philosophique, l’avènement du socialisme et du communisme... En interne, l’ombre du concile Vatican I a plané sur les débats de Vatican II, en raison de ses définitions de la primauté et de l’infaillibilité pontificales.

Le troisième contexte est la période qui commence au début de la Seconde Guerre mondiale et s’étend jusqu’à l’ouverture du concile. Ce fut l’époque de la Guerre froide, de la fin du colonialisme, le souvenir récent de l’holocauste.

**Le climat optimiste des années soixante

Vatican II a été marqué par un optimisme culturel exceptionnel dans les années 60. Hommes et femmes de toutes les classes sociales se voyaient monter dans l’échelle économique. Les peuples de l’Asie et de l’Afrique en lutte pour leur indépendance, désiraient reconstruire leur société dans la justice. Ce climat optimiste donnait à penser en l’amélioration du système en place, jusqu’à une transformation radicale de la société aux yeux de certains.

L’ouverture des catholiques au monde a suscité un renouveau théologique, commencé déjà avant la Seconde Guerre mondiale (Chenu, Congar, Von Balthasar, Rahner et de Lubac...). Cet optimisme culturel a eu une influence sur l’assemblée conciliaire.

Notes

[1Extraits de Gaudium et Spes, Avant-propos et 1ère partie

[2Extraits de Gaudium et Spes, Avant-propos et 1ère partie

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