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Fête de la Toussaints « Vous êtes les saints de France ! »

« Vous êtes les saints de France ! »

Ces mots vibrants, lancés avec ferveur par le pape Léon XIV aux 80 000 jeunes rassemblés au Stade de France le 25 septembre dernier, résonnent encore.
Ils sonnent comme un appel à la sainteté pour toute une génération.
Et aujourd’hui, en cette fête de la Toussaint, ils s’adressent à chacun de nous.
Pourtant, soyons honnêtes : le mot « sainteté » a parfois vieilli.
Comme les objets s’usent à force de servir, les mots religieux finissent par tomber dans la banalité. La sainteté est devenue un terme de calendrier, une affaire de fleuriste ou d’organisateur d’événements…
Au-delà de cet usage, ce mot nous fait souvent peur.
D’un côté, il évoque quelque chose de triste, d’un peu trop rigide, voire d’hypocrite.
De l’autre, on s’imagine un héros parfait qui ne faiblit jamais, un aventurier courageux sans aucune routine, ou un mystique en extase permanente.
Dans tous les cas, on se dit : « Ce n’est pas pour moi, ça n’arrive qu’aux autres »
Mais la fête d’aujourd’hui fait barrage à ces fausses images.
La Toussaint honore des saints si ordinaires qu’ils sont passés inaperçus aux yeux du monde. Seuls leurs proches les ont remarqués… et parfois même pas ! C’était le cas, au Carmel de Lisieux avec sainte Thérèse.
La Toussaint marque une pause dans le rythme frénétique de nos vies.
Durant l’année, nous courons, nous allons et venons, sans prendre le temps de nous poser les vraies questions.
Aujourd’hui, cette fête nous interpelle directement : « Tout ce que tu fais, au fond, c’est dans quel but ? Qu’est-ce que tu cherches vraiment ? »
Si cette fête est si populaire, c’est parce qu’elle nous renvoie à nos racines,
à ceux qui nous ont précédés et que nous avons aimés.
Ce recueillement sur la tombe de nos proches nous pousse immanquablement à chercher le sens de notre existence.
Et que nous dit la Parole de Dieu en ce jour ? Chose surprenante : elle ne parle jamais de mort, elle ne mentionne pas les défunts. Elle parle de vie, de joie, de bonheur. Elle ne regarde pas vers le passé, mais elle nous indique notre avenir et le chemin pour y parvenir.
Quel est cet avenir ?
Notre vie présente est si souvent blessée par les divisions, la haine et les oppositions. Ce que Dieu nous propose, son engagement envers nous, c’est de ne former qu’un seul peuple : le peuple immense de tous ceux qui espèrent en Lui.
Et pour nous guider vers ce bonheur éternel, Jésus ne triche pas.
Il n’est pas un démagogue qui promet la facilité.
Dans l’Évangile des Béatitudes, il nous en donne le code.
Malheureusement, à force de matraquage publicitaire, nous risquons de confondre « éprouver du plaisir » et « trouver le bonheur ».
Le plaisir est une bonne chose, mais si on le garde pour soi, il s’éteint et devient décevant.
Ceux que Jésus déclare « heureux » aujourd’hui,
ce sont ceux qui refusent de se replier sur eux-mêmes.
Ce sont ceux qui gardent leur cœur grand ouvert :
ouvert à Dieu et ouvert à leurs frères.
Ces hommes et ces femmes qui sont avec Dieu ont réussi leur vie,
et leur vie est pour nous un message. Puissions-nous les imiter.
« Vous êtes les saints de France ! »
Derrière ces mots, il y a une conviction profonde : la sainteté n’est pas réservée à quelques figures exceptionnelles du passé.
C’est un chemin ouvert à chacun de nous, aujourd’hui.
La foi ne se vit pas à l’écart du monde, mais en plein cœur de celui-ci, dans la rencontre, le dialogue et la fraternité.
Le Seigneur nous confie une mission aussi exigeante que lumineuse : devenir, à notre tour, dans nos familles, nos lieux de travail et notre mouvement, les saints dont notre monde a tant besoin aujourd’hui.




Une homélie de Christian Pizot, diacre de l’équipe nationale d’aumônerie diversifiée d’ACO.