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      Une vie nouvelle, un monde nouveau sont possibles

Une vie nouvelle, un monde nouveau sont possibles

Depuis plusieurs semaines, nous vivons un confinement qui révèle une vraie fracture sociale avec des conséquences difficiles pour le quotidien des milieux populaires. Certains doivent vivre à plusieurs personnes dans des espaces restreints, en famille, avec les enfants. Beaucoup sont également isolés, sans visites, sans liens familiaux.


Dans ce contexte, le monde du travail a retrouvé une certaine visibilité sur le plan médiatique. Alors qu’il était présenté hier essentiellement comme un coût à réduire par les discours libéraux, les mêmes doivent bien reconnaître que de nombreux métiers sont indispensables au bon fonctionnement de la société. Ainsi, dans les hôpitaux ou dans les EPAHD, les personnels ne comptent pas leurs heures pour accueillir, soigner, accompagner. Dans de nombreux secteurs, certains vont au travail la peur au ventre. D’autres découvrent de nouvelles modalités de travail, comme le télétravail.
Avec cette crise, éclatent également au grand jour les inégalités criantes qui traversent notre société. Pour se nourrir, des familles doivent ainsi compter sur la solidarité des associations. L’utilité et l’importance de celles-ci nous sont ici rappelées, alors qu’elles ont dû subir d’importantes baisses de moyens ces dernières années.

Priorité aux travailleurs, pas aux dividendes

Membres de l’Action Catholique Ouvrière, nous sommes témoins de gestes de solidarité mais aussi de l’expression du désir d’une vie plus sobre, plus humaine.

« Pour moi, dans un pays comme la France, la juste solidarité vient de l’Etat, des pouvoirs publics, garants de l’égalité de traitement de tous face aux drames de la vie. Une copine infirmière me dit que face au manque de masques pour les patients, elles font des masques en tissus ! Sans parler des salariés “non indispensables” qu’on envoie au boulot se faire contaminer, sans parler de tous les précaires et autoentrepreneurs qui se retrouvent sans revenus ».

Aujourd’hui celles et ceux qui sont en première ligne sont essentiellement des travailleuses et travailleurs à faible rémunération, des salariés en situation de précarité, souvent des femmes, à temps partiel, travaillant dans les services à la personne, le commerce, la logistique, la propreté… Il y a quelques temps certaines de ces personnes « invisibles » pour nos dirigeants étaient sur les ronds-points avec les Gilets jaunes ou manifestaient pour plus de moyens dans les services publics. « En décembre 2019, quand je manifestais, je recevais des gaz lacrymogènes. Aujourd’hui, M. Macron dit que je fais partie des héros » dit cette infirmière. Dès aujourd’hui il faut inverser la hiérarchie sociale, afin qu’elles et ils soient reconnus socialement et financièrement.

« Toutes ces familles, des jeunes que j’accompagne qui vont être encore plus en grandes difficultés dans quelques jours car l’argent ne va pas rentrer et de nombreuses associations ont dû arrêter leurs activités d’aide. Qu’on ne nous dise pas que les personnes sont à égalité face à la maladie. Nous sommes témoins de tellement d’injustices renforcées dans ce contexte. Toute cette créativité qui s’exprime aussi à travers les réseaux sociaux… »

Cette pandémie nous confirme qu’il est temps d’arrêter la course folle de la finance mondialisée, stopper cette recherche du profit maximum pour quelques-uns. Il faut sortir de cette « culture du déchet » que dénonçait le Pape François dans son encyclique Laudato Si. Oui, il est préférable d’ouvrir des lits d’hôpitaux, de mieux rémunérer le monde du travail et de combattre les inégalités que de verser des dividendes.

Chrétiens en monde ouvrier et populaire, notre foi nous tourne vers un Dieu qui aime sa Création, et nous invite à donner la priorité à l’Homme et à la nature. Il nous demande d’être aussi plus solidaire, plus attentif aux plus fragiles ici et dans le monde. Nous sommes ainsi solidaires des migrants, des réfugiés, des peuples dont les pays sont en guerre ou sous embargo économique et politique et qui souffrent encore plus durement de cette pandémie.

Unis pour un Premier mai d’Espérance

1,5 milliard de travailleurs dans le monde risquent de perdre leur emploi du fait de cette crise, selon l’Organisation internationale du Travail. L’urgence absolue n’est-elle pas de les protéger et de leur permettre de garder ou d’obtenir un revenu digne ? Oui, nous nous retrouvons dans l’appel lancé par le Pape François dans sa bénédiction de Pâques à annuler la dette des pays pauvres ainsi que dans sa proposition adressée aux mouvements populaires d’instaurer un revenu universel pour chacune et chacun sur la planète.

« Cet après-midi réunion syndicale par messagerie. Nous avons fait un courrier au siège de l’entreprise, pour que les salariés gardent un minimum de congés. Continuons la lutte pour que les droits soient préservés. »

« C’est le combat qui nous fait vivre. Il faudra bien continuer à le mener, parce que la guerre elle ne s’arrêtera pas au virus... Les pauvres, les précaires, les salariés feront les frais de tout cela. Et ça commence déjà, avec les ordonnances, avec ce qui a été décidé pour le temps de travail... ».

En ce temps de Pâques, nous croyons et affirmons que la Vie est plus forte que la mort. Face aux forces destructrices de l’Homme, nous croyons à la contagion de l’Espérance.

Espérance qui nous stimule à nous engager dans les associations, les syndicats, les partis politiques, les collectifs divers qui œuvrent pour la justice, le partage des richesses, pour la paix, pour un autre monde. Oui, nous voulons être acteurs dès aujourd’hui de ce qui se réfléchit et s’invente pour « le jour d’après ».
Espérance qui nous fait vivre la solidarité locale et internationale à l’inverse de tout repli nationaliste.
Espérance qui nous dit qu’il faut privilégier une réelle coopération internationale pour garantir la santé de tous, plutôt que d’encourager les œuvres de mort, comme l’armement, les productions qui détruisent la biodiversité, menacent la planète ou portent atteinte à la dignité humaine.
Espérance qui nous unira le 1er Mai pour faire entendre le besoin de protéger les travailleurs, leur accorder de nouveaux droits (plutôt que de remettre en cause le code du travail), d’exiger de vrais services publics et de rappeler notre souci de la solidarité internationale

Nous appelons ainsi à participer à toutes les initiatives qui seront organisées le 1er mai, afin que, malgré le confinement, s’exprime la voix des travailleurs. Nous invitons également chaque membre et sympathisant de l’ACO à se photographier avec une pancarte ou une affichette contenant un message, un slogan, une photo, un dessin etc… et de publier cette photo sur les réseaux sociaux (Facebook, Twitter, Whatsapp etc) (*) accompagné du hashtag :

#1maiACOnouveaumonde

Espérance qui nous fera sortir de cette crise différents, et agir pour contribuer ensemble à accueillir cette nouvelle vie et à construire ce nouveau monde.

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