Elle symbolise l’espérance des catholiques de vivre à leur tour cette transfiguration.
Cette date est aussi celle du plus grand pèlerinage national annuel organisé par les catholiques à Lourdes, cité mariale par excellence. C’est l’occasion pour nous de revenir sur la belle figure chrétienne de Marie.
Future mère du Christ, Marie est une jeune femme de Galilée, fiancée à Joseph, un charpentier. Mais l’enfant qu’elle porte dans son sein n’est pas celui de Joseph. Ce mystère de l’incarnation de Dieu met en réalité Marie en grand danger, dans la société de son époque.
Selon les lois juives, elle aurait dû être lapidée en place publique pour adultère si le secret de cette naissance avait été révélé. Joseph lui épargne ce destin tragique en acceptant de la garder près de lui.
Marie est donc une femme qui a une foi profonde mais c’est aussi une femme très courageuse, qui résiste à la pression sociale de son époque et prend le risque de perdre l’homme qu’elle aime et de perdre la vie, pour accomplir son destin.
Elle prend aussi le risque de voir son enfant assassiné en bas âge. Hérode, le roi de Judée, fait rechercher à cette période tous les enfants mâles nouveaux nés pour les faire mettre à mort. Il a peur de perdre son pouvoir, un oracle lui ayant annoncé que le futur roi des juifs allait naître à Bethléem. Seule, la fuite permet à Marie et Joseph de soustraire Jésus aux tueurs du roi Hérode.
Dans les évangiles, Marie est une figure importante. Elle a parfois un rôle facilitateur comme lors des noces de Cana, où elle précise aux disciples
« Faites tout ce qu’il vous dira »
quand Jésus va changer en vin l’eau des jarres.
Elle reste présente au pied de la Croix, témoin du destin exceptionnel de son fils. Elle partage en cela le sort de nombreuses femmes qui vivent avec déchirement la mort prématurée de leur enfant. Mais elle a foi en sa résurrection et reste proche des apôtres, notamment Jean.
La foi de Marie est résumée dans une prière rapportée par l’évangile selon Saint Luc, le Magnificat.
Cette prière nous parle fortement aujourd’hui, car elle relativise la puissance politique ou économique des hommes et met en valeur les plus humbles et les plus petits. En voici un extrait particulièrement saisissant :
« Le Seigneur fit pour moi des merveilles : Saint est son nom ! Son amour s’étend d’âge en âge sur ceux qui le craignent. Déployant la force de son bras, il disperse les superbes. Il renverse les puissants de leurs trônes, il élève les humbles. Il comble de biens les affamés, renvoie les riches les mains vides… ».
A Lourdes, dans le récit des apparitions de 1858, Marie va à la rencontre d’une jeune fille bigourdane très pauvre, Bernadette Soubirous. Elle la regarde « comme une personne » et reconnaît pleinement sa dignité.
Elle lui confie une mission importante que Bernadette accomplit avec fidélité, osant elle aussi affronter les puissants de son époque. Bernadette est une figure du monde ouvrier, elle a travaillé quelques temps comme serveuse, un peu comme les saisonniers de Lourdes aujourd’hui.
Elle a dû surmonter le regard méprisant de ses contemporains sur sa pauvreté et celle de sa famille. Par la suite, dans son couvent de Nevers, elle consacre une grande partie de son existence à soigner les sœurs âgées ou malades. Elle est avant l’heure une aide-soignante, une assistante de vie. Marie ne l’a pas choisie par hasard…
Achevons ce tour d’horizon avec cette belle prière que de nombreux participants à la Rencontre nationale de l’ACO, en 2022 à Lourdes, ont récitée lors de la procession de la lumière :
« Je vous salue Marie, pleine de grâce, le Seigneur est avec vous. Vous êtes bénie entre toutes les femmes et Jésus, le fruit de vos entrailles, est béni. Sainte Marie mère de Dieu, priez pour nous pauvres pécheurs, maintenant et à l’heure de notre mort. Amen ».






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