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      Le MMTC à Nairobi

Le MMTC à Nairobi

"Semer l’avenir, récolter l’espoir"

Du 7 au 17 juillet, Nairobi a été l’épicentre vibrant de la réunion du Mouvement mondial des travailleurs chrétiens (MMTC). Pendant 11 jours intenses, la capitale kenyane a accueilli les réunions du Bureau puis du Conseil international, rassemblant douze membres venus du monde entier.


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  • 22 juillet 2025
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Cet événement a été non seulement l’occasion de délibérer et de prendre des décisions, mais aussi de réaffirmer l’engagement du mouvement en faveur de la réalité des travailleurs du monde entier, sous l’analogie inspirante des jardiniers cultivant l’espoir.
La dynamique de partage de la situation dans les régions a ressemblé au travail des jardiniers. Nous avons partagé les "graines" de nos efforts : processus, espaces et nouvelles initiatives qui commencent à germer. Grâce à une grande fresque murale, nous avons visualisé comment ces graines se sont transformées en "fleurs" et en "fruits", représentant les résultats et les réalisations dans chaque région. Cette métaphore a permis non seulement d’illustrer notre travail, mais aussi de nous rappeler la patience, l’attention et le dévouement nécessaires à la construction d’un monde plus juste et plus humain.
Le Conseil international s’est ensuite penché sur les défis et les opportunités auxquels le mouvement est confronté au niveau mondial et a élaboré son plan d’action pour l’année à venir. Les discussions ont été riches et diverses, reflétant la complexité des réalités dans lesquelles le MMTC opère.
L’importance de renforcer la communication et la coordination entre les mouvements a été soulignée, ainsi que l’adaptation à des contextes changeants, allant des conflits armés aux crises économiques et sociales.
La voix des régions a été centrale dans cette réunion, car un certain nombre de défis communs ont été révélés.
En Asie, la grave crise sociale et économique au Sri Lanka a été évoquée, ce qui a empêché le mouvement local de définir un programme d’action. Toutefois, des contacts prometteurs avec le Pakistan et la possibilité de travailler au Népal l’année prochaine ont également été mentionnés.
La situation en Corée a été soulignée, où la pandémie de COVID-19 a exacerbé les inégalités dans les conditions de travail des travailleurs étrangers, qui ne bénéficient d’aucune protection sociale. La stagnation des salaires des travailleurs domestiques depuis des décennies et le déclin des emplois dû aux progrès de l’intelligence artificielle sont des conséquences directes des décisions économiques. La réduction des soins de santé pour les personnes âgées et les perturbations environnementales causées par les guerres sont d’autres préoccupations. Malgré l’absence de législation visant à protéger les droits de l’homme, des campagnes actives sont menées pour augmenter les salaires et les droits des travailleurs les plus pauvres et des personnes démunies. La question des énergies renouvelables et le soutien aux réfugiés sont des questions cruciales, tout comme l’appel à la paix et l’opposition à la construction nucléaire.

En Inde, les problèmes économiques, le chômage et les défis politiques ont été mentionnés, y compris les déplacements de populations. Un programme destiné aux mères célibataires démunies pour envoyer leurs enfants à l’école et l’interdiction par le gouvernement indien des ONG étrangères ont été mis en évidence. La sécurité est une autre préoccupation, comme l’a montré une manifestation de 1 500 travailleurs, juges et ministres pour défendre la sécurité de l’emploi. Une nouvelle loi affecte la sécurité sociale des travailleurs des secteurs agricole et informel, et le détournement des fonds alloués à la sécurité sociale a été signalé. Il peut être dangereux d’être chrétien au Pakistan et le désir de rejoindre le MMTC est freiné par l’impossibilité de se rendre en Inde.

En Afrique, l’instabilité politique, la situation des réfugiés politiques et de guerre et la corruption généralisée ont été abordées. L’appropriation des ressources pour des projets individuels plutôt que pour le bien commun a enrichi les riches et appauvri les pauvres, qui sont incapables d’acheter des produits agricoles. Cependant, des "graines" d’espoir ont également été signalées : des changements de mentalité, la découverte de nouvelles pratiques agricoles et l’unification des oppositions politiques. L’Église joue un rôle crucial dans la sensibilisation à l’amélioration des conditions de vie, avec des initiatives telles que les sociétés d’épargne et de crédit pour lutter contre la pauvreté. La création de centres de compétences pour les jeunes afin de lutter contre le chômage sont d’autres initiatives. La dégradation de la santé mentale et la recherche de ressources alternatives, comme l’énergie solaire, ont également été mentionnées. L’immigration génère de l’instabilité et des conflits entre les réfugiés et les populations locales, mais les paroisses développent des programmes d’aide aux réfugiés et cherchent même à obtenir des subventions foncières du gouvernement pour les rendre autosuffisants.

En Amérique latine, la situation politique au Pérou est complexe, mais des groupes de femmes travaillent activement à leur autonomie économique et à la réduction de leur dépendance vis-à-vis de leur mari. Les groupes d’étude de l’Évangile et l’implication des membres dans les syndicats sont des "graines" d’autonomisation et de sensibilisation sociale.

En Colombie, le gouvernement est confronté à d’énormes difficultés et à des réductions de salaire. Le bilan de vie est très présent et des groupes travaillent à assurer l’indépendance financière des femmes en leur offrant une formation de couturière. Malgré la hausse des homicides, les petites et moyennes entreprises sont porteuses d’espoir et l’utilisation d’engrais naturels est encouragée. Ce sont les "fleurs" de la lutte et de la créativité.
Au Chili, la participation aux activités de la Journée internationale de la femme est très élevée. Les membres restent impliqués dans les syndicats. Le gouvernement a accordé une place importante aux communautés indigènes, ce qui constitue un premier pas vers la reconnaissance et la justice.

Au Brésil, le mouvement est engagé dans une campagne pour une nouvelle société. Les jeunes sont confrontés à de graves problèmes tels que la pauvreté et la violence policière, et ont du mal à accéder à l’éducation, en particulier ceux d’origine africaine. Le mouvement réclame l’application universelle des droits des jeunes et l’annulation de la dette. Le mouvement dispose de programmes régionaux et nationaux et de séminaires de formation qui cultivent les "fruits" de la transformation sociale et de l’espoir pour les nouvelles générations.
En Europe, la montée du populisme et de l’extrême droite active la peur des migrants. Les inquiétudes liées à la cherté de la vie, à la stagnation des salaires et à la difficulté de payer des loyers de plus en plus élevés touchent de plus en plus la classe moyenne, et pas seulement les couches les plus vulnérables de la population.
Dans toutes les réalités du monde, il ne s’agit pas seulement de rêver d’une autre économie, mais de la construire ensemble, pas à pas, avec courage et conviction. C’est dans la solidarité, la créativité et l’action collective que nous trouvons les vraies solutions et la force de transformer notre avenir.
La métaphore du jardinier nous rappelle que la construction d’un monde plus juste est un processus continu qui nécessite de semer, de soigner et de récolter, et qui est animé par la foi et la solidarité de ses membres dans le monde entier.

En savoir +

Christine Isturiz, coprésidente du MMTC

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