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      L’ACO France aux 4e Rencontres des mouvement populaires

L’ACO France aux 4e Rencontres des mouvement populaires

Une première étape des 4e Rencontres des mouvements populaires a eu lieu à la mi juillet en visio-conférence. Plus de 200 militants de mouvements de travailleurs, de mouvements ruraux, d’organisations de personnes touchées par la pauvreté et la précarité ont participé à ce premier rendez-vous, en présence notamment du cardinal Tuckson, préfet du dicastère du Développement intégral et d’une délégation du Vatican.
Deux responsables de l’ACO France (Bruno Cadez, secrétaire national responsable de l’International, et Anne-Marie Bergé du CD de Toulouse et élue au Bureau national) y étaient présents, au sein de la délégation du Mouvement mondial des travailleurs chrétiens (MMTC). En septembre, un second rendez-vous est prévu. Un document sera remis au Pape.


La première partie de la IVe Rencontre mondiale des mouvements populaires
s’est refermée avec un dialogue ouvert sur les dilemmes de l’humanité, dont le document final sera remis au pape François en septembre.
Pendant un peu plus de 3 heures, plus de deux cents délégué(e)s de mouvements populaires d’Amérique, d’Europe, d’Asie et d’Afrique, représentant une diversité de travailleurs pauvres, défavorisés et exclus de 54 pays ; des travailleurs ruraux sans terre ; des travailleurs sans abri ainsi que leurs familles, des quartiers populaires et des bidonvilles ; des travailleurs de divers métiers qui, en plus de subir des situations d’injustice de ce système, s’efforcent de les combattre, dans l’aspiration commune d’avoir une planète qui assure l’accès à la terre, au logement et à l’emploi pour tous et partout. Dans cette première partie de la rencontre, qui constitue une manière concrète de construire une culture de la rencontre et de cheminer ensemble, les participants ont discuté de l’impact de la pandémie et des dilemmes auxquels l’humanité est confrontée aujourd’hui, du point de vue des mouvements populaires.
Étaient également présents le cardinal Peter Turkson, préfet du Dicastère pour le service du développement humain intégral ; le cardinal Michael Czerny, sous-secrétaire de ce Dicastère ; Marcelo Sánchez Sorondo, chancelier de l’Académie pontificale des sciences sociales, ainsi qu’une délégation de membres du Vatican.

Gloria Morales, une travailleuse nord-américaine, a été chargée d’ouvrir et de dynamiser cet « espace dont l’importance n’est plus à démontrer, pour discuter des solutions relatives aux dilemmes de l’humanité, notamment le manque de terre, de logement et d’emploi, afin de construire un monde nouveau ». Un débat qui
« sera intégré dans un document qui sera remis
au pape François ».

Promouvoir le changement et répondre par la solidarité

Le cardinal Peter Turkson a ensuite pris la parole, passant en revue les trois rencontres
précédentes « qui nous ont permis d’avancer » et soulignant la nécessité d’être des acteurs
des processus de changement, en promouvant les droits sacrés d’accès à la terre, au
logement et à l’emploi pour tous, « qui sont désormais universels », afin de lutter contre les
injustices et de répondre aux problèmes mondiaux avec le concours des mouvements
populaires.
« Cette réunion est une aubaine pour les acteurs du changement, pour ceux qui sont en contact direct avec les victimes des injustices et des inégalités. Les personnes pauvres nous mettent au défi de résoudre les problèmes d’inégalité » qui commencent avec chacun d’entre nous. La conversion intégrale de chacun, la lutte communautaire contre l’injustice « changeront les structures de la société ».
« Les défis ne peuvent être résolus par un groupe ou individuellement, les structures du mal trouvant une réponse dans la solidarité », qui pénètre la vie des personnes vulnérables, et le pape François qui s’y emploie a besoin de « courage, de compassion et de ténacité, de nonviolence ». Nous proposons comme méthode pour mener à bien cette lutte « la culture de la rencontre » en développant et en promouvant « l’agenda commun dont nous disposons ». La revitalisation de la démocratie elle-même, que la structure économique a atrophiée, « pour aller vers un monde de justice et d’égalité et renforcer des structures plus justes », a-t-il conclu.

Notre engagement est nécessaire : ne nous laissons pas dépouiller de notre dignité

Charo Castelló du Mouvement mondial des travailleurs chrétiens (MMTC-HOAC Espagne) a évoqué succinctement le processus de dialogue avec le pape François, qui a été développé « dans chacune de nos villes, pays et continents, nous avons continué avec notre « méthode », ce qui est tout aussi important que la finalité, à savoir toucher du doigt la réalité de nos frères et sœurs, ressentir leur souffrance, accompagner leur travail quotidien, leurs espoirs et leur lutte pour la survie ; discerner à la lumière des grandes valeurs et des principes éthiques et chrétiens les apports que le Pape François partage avec nous et à partir de là, développer des actions organisées et populaires en harmonie avec ce programme des trois T » , a-t-elle souligné.

Dans ce résumé, C. Castelló a appelé à « avoir un regard critique qui nous permette de poursuivre notre engagement organisé, en défendant l’accès à la terre, à un logement et à un emploi décent ». Voici les questions qui peuvent nous aider à avoir ce regard critique en pensant à « jusqu’où nous avons progressé dans notre rôle d’acteurs de l’action sociopolitique » pour consolider la démocratie. « Dans quelle mesure et comment avons-nous accompagné nos frères et sœurs les plus démunis, les migrants et les déplacés ? ». « Dans quelle mesure et comment avons-nous protégé, grâce à nos modes de vie et nos propositions, la Terre nourricière ? », a-t-elle déclaré. C. Castelló a clôturé son discours par un appel à poursuivre notre engagement « pour réaliser ce changement de paradigme économique, politique, culturel... parce que nous sommes convaincus de ce que les choses peuvent changer. Parce que nous sommes frères et sœurs, ne nous laissons pas dépouiller de notre dignité !! », a-t-elle insisté.

Écoutez-nous

De son côté, Sonia Fadrigo de Slum Dwellers International (SDI-Philippines), un mouvement populaire de personnes vivant dans des établissements informels, est intervenue pour soulever certains défis essentiels pour les travailleurs les plus pauvres, tels que « l’accès aux services de base, comme le logement, l’eau, l’assainissement, l’impact du changement climatique et maintenant la pandémie de covid-19 » et auxquels des réponses sont apportées grâce à une attitude engagée, de solidarité et de soins « entre pairs ». Dans ce sens, elle a souligné les luttes qui s’organisent avec le concours des gouvernements, des autorités, etc., pour trouver des solutions et conduire les changements « avec nous et non pour nous ».

Promouvoir les enseignements du pape François

Juan Grabois du Mouvement des Travailleurs Exclus (MTE-UTEP Argentine) a fait une intervention qui s’articule autour de deux points. D’une part, il a dénoncé la situation socioenvironnementale et économique, avertissant que, tout comme lorsque la nature est attaquée, cela « a des conséquences, l’exclusion sociale aura également des conséquences ». Dans ce sens, il a décrit en profondeur les énormes inégalités existantes et a insisté sur la nécessité de « réaffirmer nos propositions et de s’approprier les enseignements du pape François  » en s’appuyant sur les trois bannières communes : la terre, le logement et l’emploi, « et à chacune
d’elles correspond une mission : quand nous parlons de la terre, nous devons parler d’une réforme agraire, quand nous parlons du logement, nous devons penser à une réforme humaine profonde (où nous vivrons selon un critère humain), quand nous parlons de l’emploi, nous devons développer une économie populaire et sociale ».

Grabois a rappelé l’exhortation du pape François à « unir nos peuples, à mettre l’économie au service des peuples et à défendre la terre nourricière ». À cet égard, il a averti que « la faiblesse dans cette démarche constitue un péché grave ». D’autre part, il a rappelé les risques de cette mission pour les militants populaires, « nous ne devons pas nous limiter à nos projets, mais nous devons aussi avoir une vision politique de transformation à un niveau massif. L’autre risque est celui de la corruption, surtout lorsque nous avons accès à des questions de pouvoir, nous ne devons pas tomber dans ces tentations », en perdant le contact
avec la réalité. « Nous ne devons pas perdre le fil avec la lutte pour la terre, le logement et
l’emploi »
, a-t-il déclaré.
Enfin, il a fait son autocritique en reconnaissant une certaine tiédeur dans le prolongement et la diffusion des « enseignements du pape François » et dans cette veine, il a critiqué «  l’Église qui a renié et domestiqué les enseignements du pape François ». Faisons quelque chose »,
a-t-il conclu.

Penser du point de vue communautaire une alternative aux dilemmes actuels

La réunion s’est poursuivie avec l’intervention de Joao Pedro Stédile du Mouvement des Sans Terre (MST-LVC Brésil) qui a exprimé sa solidarité avec tous les peuples combattants, en particulier ceux d’Haïti et de Palestine, et a eu une pensée pour les milliers de personnes et d’activistes morts des suites de la pandémie.
Stédile a introduit le débat sur Les dilemmes de l’humanité, dont les discussions se sont ensuite poursuivies en groupes de travail, non sans évoquer la crise mondiale qui continue de perturber ce système économique « organisé uniquement pour le profit et non pour la vie ». Le capitalisme « ne produit ni n’organise l’économie pour résoudre les besoins des citoyens » ; il favorise « l’égoïsme et le consumérisme ». Face à cette réalité qui fait souffrir les personnes, les peuples et la planète, les mouvements populaires sont appelés « à réfléchir
sur les voies et moyens de sortir de la crise à travers les dilemmes de l’humanité, avec une issue qui transcende le capitalisme »
qui ne tient plus la route.
Cette réflexion collective que nous menons au cours de cette réunion devrait favoriser « un programme, une issue » sur les changements à opérer. Dans cette optique, il a souligné que les changements sont liés au « bien vivre, à la sauvegarde de la nature, de la Terre nourricière, à sa défense en tant que bien commun » et à la prévention de toute agression à son égard.
La méthode qu’il a préconisée pour leurs échanges est d’agir en promouvant la « solidarité » comme pratique d’égalité sociale. Le processus de changement, bien que périlleux, viendra « du peuple organisé. Les changements ont toujours été le fruit de la lutte du peuple », a-t-il souligné.

La IIe partie de la IVe Rencontre aura lieu en septembre

Gloria Morales, a décliné le calendrier et la procédure pour faire des contributions au document final qui a fait l’objet de discussions dans les groupes de travail. Ce document sur les dilemmes de l’humanité, fruit d’une réflexion collective des mouvements populaires, sera remis au pape François dans la deuxième quinzaine de septembre. Dans cette deuxième partie de la rencontre, une vidéo présentant les actions des mouvements populaires pendant les moments les plus difficiles de la pandémie sera également partagée. La réunion s’est
terminée par une chanson de Rose Molokoane, « ensemble, nous pouvons ».

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