Dans le prochain numéro de Témoignage, en cours de bouclage, nous avons notamment donné la parole à l’association, Femmes pour le Dire, Femmes pour Agir, qui agit aux côtés des femmes en situation de handicap. Voici en avant-première cet article qui sera publié dans notre journal d’ici Noël.
La photo montre une chorégraphie réalisée en novembre 2019 par un collectif de lycéennes tarbaises, Les Mains violettes, sur la thématique des violences faites aux femmes. Crédit JF Courtille
Un lieu d’écoute, de culture et d’espérance
L’association Femmes pour le Dire, Femmes pour Agir (FDFA) a été fondée en 2003 par Maudy Piot, psychanalyste, devenue aveugle à l’âge adulte, décédée en 2017. Son idée, simple et audacieuse : offrir aux femmes en situation de handicap un lieu pour parler librement, être écoutées, s’informer, créer, rire, se reconstruire, et ne plus être seules.
Un espace pour dire et se dire
FDFA porte bien son nom. La parole y est au centre de tout. Chaque jour, des femmes appellent la ligne d’écoute nationale Écoute Violences Femmes Handicapées, 1ère ligne nationale dédiée aux violences subies par les femmes en situation de handicap, ouverte à celles qui subissent des violences ou traversent une période difficile. L’écoute se fait avec patience et respect. Souvent, c’est la 1ère fois qu’une parole est entendue sans être interrompue ni minimisée. FDFA est plus qu’une ligne d’écoute, c’est un lieu de vie où culture et solidarité se mêlent. On y organise ateliers d’écriture, cafés-citoyennes, rencontres, ateliers beauté, créativité, anglais, informatique, art-thérapie, mouvements et conscience du corps, yoga adapté, jardin littéraire, etc. Chacune peut participer à son rythme, selon ses envies. Les échanges sont simples, humains, souvent porteurs d’une grande joie.
Une équipe engagée et bienveillante
FDFA vit grâce à une équipe salariée : directrice, écoutante salariée, chargée de communication, chargée de mission… et des bénévoles : écoutantes, assistantes sociales, médecins… Tous partagent cette conviction : chaque femme a une valeur unique et mérite d’être accueillie avec respect et bienveillance.
Une association ouverte sur le monde
Pousser la porte de FDFA, c’est découvrir un lieu où la fragilité devient une force. Ici, la différence est un mur, pas un pont. Des femmes d’horizons très divers s’y rencontrent : certaines sont en fauteuil, d’autres sont atteintes d’un handicap invisible. Toutes partagent le désir d’être reconnues et de participer à la vie collective. FDFA prône une solidarité ouverte, tissée d’écoute, de respect et de joie simple. On y parle de tout : du quotidien, des rêves, des colères aussi. On repart souvent un peu plus fort, un peu moins seul. Dans un monde parfois dur et pressé, cet espace de lenteur et de bienveillance est un refuge et un tremplin. Nombre de femmes accompagnées par FDFA reprennent confiance, s’engagent, trouvent un emploi, renouent avec leur famille ou s’investissent pour aider d’autres femmes.
Un message universel
FDFA rappelle chaque jour que la dignité se mesure, non à la performance, mais à la capacité de relation. Écouter, accueillir, partager un café, un poème ou un silence, c’est déjà reconstruire du lien social et redonner du sens à la fraternité. L’association œuvre pour une société plus humaine, où personne n’est laissé de côté. Elle ne cherche pas à faire de bruit mais à semer des graines d’espérance, dans les cœurs et dans les consciences. Quand beaucoup aujourd’hui se sentent isolés, FDFA rappelle que la fraternité n’est pas une idée abstraite : c’est un geste, une parole, une présence. Là, souvent, dans la rencontre la plus simple, commence la reconstruction d’une vie.
Chantal, Soraya et Albertine
Contact : https://fdfa.fr/
Témoignages
Quand je suis arrivée à FDFA, je n’osais plus parler. J’avais subi des violences et je vivais dans la peur. FDFA m’a appris que la fragilité n’empêche pas la force et que la parole peut vraiment réparer. X, adhérente de FDFA
Rien n’est plus fort que ces moments où une femme, au fil des ateliers ou d’une écoute bienveillante, relève la tête et dit : Je vais mieux. Chantal Rialin, présidente de FDFA
Certaines femmes deviennent bénévoles, d’autres reprennent une activité, d’autres osent témoigner. Toutes contribuent à une société plus juste et plus humaine. Soraya Almansa, directrice générale de FDFA






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