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      Église : l’ACO donne la parole

Église : l’ACO donne la parole

En mars dernier, nous vous avions proposé une révision de vie « Appelés à construire une société et une Église nouvelle ». Elle faisait suite aux diverses affaires qui touchent l’Église.
L’objectif était de permettre l’expression de chacun et chacune, chercher ensemble à comprendre et ouvrir des chemins d’espérance.
Dans une volonté de servir le dialogue dans l’Église, l’Action catholique ouvrière se fait le porte-parole auprès de la Conférence des évêques de France, des quarante équipes qui nous ont remonté leur parole.


L’Action catholique ouvrière (ACO), mouvement de laïcs, fonde sa mission sur celle du Christ et de toute l’Église : accueillir et annoncer la Bonne nouvelle du Royaume de Dieu. Notre parti pris d’espérance s’enracine dans cette Bonne Nouvelle.

Il y a quelques semaines, un partage sur les questions de l’Église a été proposé aux membres ACO. Une quarantaine d’équipes ont remonté leurs réflexions, en voici la synthèse, reflet de leurs paroles.

Tous les échanges ont été vécus dans la vérité, la profondeur, la foi et certains mêmes dans l’émotion.
Après avoir posé quelques constats, les membres des équipes ACO font aussi des propositions d’avenir. Ils posent une parole d’espérance et de foi.

Beaucoup disent leur souffrance de voir des enfants, des femmes, des hommes violés, abusés physiquement et spirituellement. « Ce qui est atteint, c’est la confiance, la sincérité et le respect de l’être humain », « on est sans voix ».

À travers ces partages, nous percevons de la compassion envers les victimes et leurs familles. Ils expriment leur confiance et leur soutien auprès des prêtres de leur paroisse, d’ACO, qui souffrent eux aussi des dérives de quelques-uns.

Un certain nombre sont profondément déçus, voire se sentent trahis, par une certaine Église moralisatrice, intolérante et qui cultive le secret. « L’Eglise fait partie de la société et ne peut se mettre en dehors des lois », « Les responsables de l’Eglise sont avant tout des hommes et doivent se conformer à la justice humaine ».

Beaucoup reprochent une Église cléricale, hiérarchique où les prêtres sont souvent sacralisés et mis sur un piédestal. « Le prêtre est au service de la mission de l’Église, de Jésus-Christ et de son Évangile ».

Parce qu’ils font la distinction entre le Christ et l’institution, leur foi en Jésus-Christ, bien qu’ébranlée, demeure intacte. « Cela n’interroge pas ma foi dans le message évangélique, mais cela interroge ma foi dans l’Église. »

Face à ces constats, les membres ACO font des propositions et donnent des raisons d’espérer.

« Il est important et vital de libérer la parole, d’interpeller autour de nous, d’échanger à tous les niveaux (mouvements, paroisses, diocèses) ». Dans les mouvements d’Action catholique et de nombreuses paroisses, les prêtres et les laïcs travaillent ensemble, en bonne entente, dans la même mission ce qui évite un certain cléricalisme. Forts de cette expérience, il serait souhaitable de réfléchir et de travailler à une véritable coresponsabilité laïcs-ministres ordonnés.

Ils souhaitent qu’un dialogue s’ouvre sur la place et les responsabilités des femmes dans l’Église. Ce dialogue doit s’établir dans les instances décisionnelles. Ils pensent que la mixité bien vécue, y compris dans la hiérarchie, est garante d’un équilibre humain.

Certains soulèvent la question de l’ordination d’hommes mariés. « En quoi un homme marié ne pourrait-il pas se consacrer à sa tâche de prêtrise comme font les médecins, les avocats et toutes personnes qui travaillent et sont engagées ? »

Certains se posent la question de l’accompagnement des futurs prêtres sur plan affectif et humain. La formation des séminaristes ne doit pas se faire seulement dans les séminaires. Elle doit également s’ouvrir largement sur une insertion en paroisse, sur la découverte des réalités sociales et aux engagements dans la société (culture, humanitaire, sport…).

Pour que l’Église soit vraiment Peuple de Dieu dans toute sa diversité, il est redit l’importance de mettre des laïcs en véritable responsabilité : chacun mettant ses compétences au service de l’Église et de la mission. Pour cela des formations (paroissiale, diocésaine ou de type universitaire) doivent être proposées en fonction des capacités de chacun « pour témoigner et être fidèles à la mission baptismale ». « Il est important que les laïcs s’approprient l’Évangile et nourrissent leur foi »

Avec ces raisons d’espérer, les membres ACO conservent leur foi dans le Christ et croient en la force de son pardon.
Tout au long de l’histoire, l’Église s’est révélée comme servante des plus pauvres. C’est dans une Église simple, fraternelle, accueillante, humble et insérée dans le monde que les chrétiens souhaitent s’engager. L’Évangile est au cœur de la mission de chaque baptisé, pleinement membre du Corps du Christ.

Nous sommes l’Église. À ce titre, « chacun doit apporter sa pierre », « dans un vrai dialogue » afin de faire évoluer l’institution ecclésiale.

Reprise faite par le secrétariat national ACO
Juillet 2019

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