En cette rentrée politique et sociale explosive, où est l’Église ? Alors que dans les années 1980, de nombreux évêques, formés par l’Action catholique, s’exprimaient publiquement sur ces grands sujets de société, leur voix semble plus rare, ou peine à se faire entendre. Pourquoi cela ? Qui prend, ou doit prendre la parole dans l’Église aujourd’hui, et à quelle condition cette parole est-elle crédible ? Est-ce du ressort des évêques ? Ou bien des laïcs ?
De récentes polémiques autour des prises de position de catholiques comme le milliardaire Pierre-Édouard Stérin ou la militante socialiste Marine Rosset ont aussi montré ces derniers temps combien la prise de parole publique au nom de sa foi pouvait mettre l’institution en porte-à-faux.
[...]« L’enseignement social de l’Église invite à intervenir, notamment dans le champ politique, économique et social », soutient le jésuite François Euvé, directeur de la revue Études. Mais rappelle-t-il, en raison du débat historique autour de la laïcité en France, « les interventions des cultes sont peu appréciées dans le débat public ». D’où une certaine mesure des évêques dans leurs prises de parole, pour ne pas être contre-productifs – avec le risque en contrepartie, d’une parole insuffisamment incisive.
[...]Mais est-ce aux seuls évêques de prendre la parole ? « En situation de crise, qui serions-nous pour nous mettre en surplomb ? », réagit Mgr Olivier Leborgne, évêque d’Arras. Si lui-même n’hésite pas à monter au créneau « quand la dignité humaine est en jeu », notamment sur la situation des migrants à Calais, dans son diocèse, il rappelle que l’engagement « au service de la cité » revient d’abord aux laïcs, comme l’a remis en valeur le concile Vatican II.
[...]Ce souci de faire cause commune comme gage d’efficacité se retrouve aussi dans l’Action catholique ouvrière (ACO), régulièrement sollicitée par les syndicats marqués à gauche, explique son secrétaire national, Jean-François Courtille, qui n’observe chez eux aucun « rejet anti-catho ». Preuve que la parole des catholiques reste attendue.
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