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      Confinement, jour 19

Confinement, jour 19


Nous allons entrer en Semaine Sainte. Nous allons revivre, confinés, mais pas seuls, les uns unis aux autres, cette grande semaine où nous est redit quel amour Jésus a manifesté pour chacun d’entre nous, et par là, il nous révèle combien nous sommes précieux aux yeux du Père !...

« Ne vend-on pas cinq moineaux pour deux sous ? Et pas un d’entre eux n’est oublié devant Dieu ! Bien plus, les cheveux de votre tête sont tous comptés. N’ayez pas peur ; vous valez mieux que beaucoup de moineaux ! » Lc 12, 6-7.
Il y a une certaine coquetterie à se dévaluer aux yeux des autres et à ses propres yeux : je ne suis pas bon à grand chose ; je ne sais pas faire ; je n’y arriverai pas ! Tout cela dit, avec quelques arrière-pensées ; ce peut être un prétexte pour nous dispenser de nous engager ou bien comme un relent de mauvaise foi : certes, je suis nul, mais le peu que je fais est cependant quelque chose ! Fonctionnement à l’économie, sans ambitions.

Cette attitude ne répond pas au regard que Dieu porte sur nous, sur toi, sur moi. Lui est attaché à mettre en valeur le plus petit d’entre les hommes : « Vous valez mieux que beaucoup de moineaux ! » Toute la Bible témoigne de cette attention sans cesse réaffirmée : Dieu veut donner à tous une place, irremplaçable, et particulièrement à ceux qui sont rejetés aux marges, sans avenir. Il ne cesse de répéter : “Tu n’es pas rien, tu comptes beaucoup à mes yeux.” Et il y a des textes très forts pour exprimer la tendresse de Dieu. « Une femme oublie-t-elle l’enfant qu’elle nourrit ? Manque-t-elle de tendresse pour le fils de ses entrailles ? Même si une d’elles l’oubliait, moi, je ne t’oublierai pas. Regarde, j’ai gravé ton nom sur les paumes de mes mains. » Is 49,15-16

Cet amour débordant qui traverse les siècles est mis en œuvre pour le plus petit d’entre nous : certes, tu n’es pas rien pour être l’objet d’une telle attention. Il faut laisser pénétrer en nous le regard de Dieu sur nos vies pour en être renouvelés. Découvrir ce Dieu follement amoureux de la vie des hommes, tel que Jésus nous l’a révélé. S’étonner de ce Dieu qui guette le moindre souffle de vie pour lui donner vigueur et force. Communier à ce Dieu ambitieux pour chacun de ses enfants, qui ne se résigne pas à les voir mener une petite vie banale et sans fruits.

Et ce sont souvent les autres qui, par leurs attentes, me font sentir cette tendresse de Dieu. Ils comptent sur moi ; ils me sollicitent pour assumer une responsabilité ; ils me demandent de me dépasser pour répondre à leurs appels. Ils me bousculent, m’arrachent à ma torpeur et par là, me disent : “tu n’es pas rien ! Nous avons besoin de toi.”

Loin de fixer mon regard sur mes limites, sur mes faiblesses ou mon handicap, me voilà appelé à prendre appui sur ce qui me motive et à répondre avec ce que je suis, sans trop m’inquiéter des résultats, puisqu’on me fait confiance. Je ne sais pas si je suis qualifié pour cette tâche, mais les autres me le demandent ; ils m’aideront à en être capable. Et si finalement je ne sais pas faire, ce sera l’occasion d’en appeler d’autres à la rescousse, d’expérimenter qu’ensemble on n’est pas rien.

Alors, il faut tenter le premier pas ; personne ne pourra le faire à ma place ; c’est mon choix et ce choix me révélera que je ne suis pas rien, et qu’on peut grandir tout en restant petit, qu’on peut risquer même en restant fragile.

Parce qu’ils ont compris un jour qu’ils n’étaient pas rien, que d’autres attendaient qu’ils s’y mettent, beaucoup se sont levés et leur exemple m’aide à prendre le chemin, à me risquer à leur suite. Pour moi, c’est important de rencontrer ces témoins, de les écouter raconter leur histoire, de voir qu’elle ressemble à la mienne : François, Thérèse et tant d’autres, ceux que l’Eglise nous donne à voir et à suivre : ils sont saints, parce qu’ils ont laissé Dieu les renouveler par son amour.

Ils ont grandi par la confiance qu’un jour quelqu’un leur a manifestée. Ils ont découvert qu’ils avaient une place à tenir. Cette confiance reçue, ils ont su la redonner à d’autres. Ils se sont inscrits ainsi dans une longue suite de vivants ; ils sont devenus un peuple porteur de vie et source de renouvellement.

Si tu as senti un peu cette confiance qu’on est prêt à t’accorder, tu auras à cœur de la répercuter sur ceux que tu rencontres. Eux aussi, ils ne sont pas rien ; ils sont riches d’humanité. Ce n’est pas parce que certains ont été relégués au dernier rang qu’ils manquent de l’essentiel, c’est-à-dire de cœur.
Voici la grande Semaine, décisive pour Jésus et comme dit l’évangile : « Il prit résolument le chemin de Jérusalem. » Ce chemin, il le savait, serait celui de la croix, mais plus encore celui de l’amour, celui de la vie triomphante ! Sûrs de cet amour, nous voilà invités à répondre résolument à l’appel que notre Père nous adresse, si petits que nous soyons : “Suis-moi ; j’ai besoin de toi !...“

Alain Patin
alain.patin chez libertysurf.fr

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