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      Bilan des effets délétères des textes sur la vie des personnes étrangères

Bilan des effets délétères des textes sur la vie des personnes étrangères

(compte rendu de La Cimade)

Il n’y a pas de crise "migratoire" il y a une crise "d’empathie"


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  • 28 janvier 2026
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Il y a deux ans, la loi asile et immigration dite loi Darmanin (janvier 2024) et, un an plus tard, la circulaire prise par Bruno Retailleau alors ministre de l’Intérieur (janvier 2025), marquaient un cap supplémentaire en matière de graves atteintes aux droits des personnes étrangères.
Sous couvert de "fermeté", ces textes consacrent la primauté de l’arbitraire de l’administration, au service de politiques migratoires dont la seule boussole semble être devenue l’assimilation des personnes étrangères à des indésirables. Le tout dans un contexte politique et médiatique où règne la suspicion à l’égard des personnes exilées, et où la restriction sans précédent des voies de régularisation s’impose avec, en parallèle, une criminalisation croissante des personnes étrangères.
Deux ans après, les équipes de La Cimade font un bilan particulièrement alarmant des effets délétères de ces textes sur la vie des personnes étrangères.

Des parcours de vie brisés, des familles plongées dans l’angoisse
➜ Plus de 120 000 Obligations de quitter le territoire français (OQTF) délivrées par an – un record en Europe. Un certain nombre d’entre elles sont fondées sur des motifs flous et arbitraires comme la "menace pour l’ordre public" sans aucune poursuite pénale.
➜ Des vies brisées : en 2025, 46 parents d’enfants français et 20 personnes arrivées mineures en France ont été placées en centre de rétention administrative rien qu’à Rennes et en Guyane. Combien d’autres, invisibles, ont subi et subiront le même sort ?
➜ Des régularisations devenues mission impossible : les critères d’appréciations sont si restrictifs qu’ils excluent la majorité des personnes sans papiers, même si elles travaillent en France depuis plusieurs années.

Ces lois ne ciblent pas des "statistiques", mais des personnes réelles bien vivantes : des voisin·e·s, des collègues, des parents d’élèves et bien d’autres encore. Certain ;es même travaillent depuis des années. Pourtant, l’État persiste à les traiter comme des indésirables, au mépris des conventions internationales et des valeurs de la France que sont la solidarité, l’accueil et le respect des droits humains.

"Abou est en France depuis 14 ans. Marié à une Française, père de 3 enfants, il a construit sa vie ici. Pourtant, en juillet 2025, sa vie bascule. Pendant des années, Abou a pu travailler et subvenir aux besoins de sa famille grâce à ses cartes de séjour temporaires. Il vivait sans la peur d’être interpellé en allant chercher ses enfants à la crèche ou à l’école. En juillet 2025, il apprend que sa demande de renouvellement de titre de séjour est rejetée et qu’elle est assortie d’une OQTF (Obligation de quitter le territoire français).
Pourquoi ? La préfecture estime qu’il ne prouve pas assez sa contribution à l’éducation et à l’entretien de ses enfants. Les paiements en espèces ne sont pas considérés comme des preuves valables. Abou est également accusé de ne pas prouver qu’il n’a pas d’attaches familiales dans son pays d’origine. Pourtant, c’est en France, auprès de son épouse et de ses enfants, qu’il a construit sa vie."
(Récit reconstitué à partir des observations et des échanges effectués par les équipes de La Cimade)

Il est temps de faire cesser cette fuite en avant du rejet et de la maltraitance des personnes étrangères comme Abou et de considérer enfin d’autres politiques migratoires. C’est possible !

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