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      Accompagner les personnes blessées

Accompagner les personnes blessées

Charo Sauvage est mère de famille (3 enfants et 5 petits-enfants), mariée à un diacre (Patrice) et engagée durant sa vie professionnelle dans la formation des adultes.


Depuis une vingtaine d’années, mon occupation principale est l’accompagnement spirituel, en particulier auprès des personnes blessées par la vie.

Des personnes blessées
Ce sont des personnes qui ont vécu de graves traumatismes, pendant l’enfance ou après viol, inceste, maltraitance, abandon… Ces blessures les empêchent d’être des hommes et des femmes "debout" et de vivre une foi équilibrée. Elles ont du mal à faire confiance aux autres, à elles-mêmes et à Dieu, d’où la nécessité de faire un travail sur leur histoire personnelle pour parvenir à donner un pardon à ceux qui sont à l’origine de ces blessures. Le travail que je propose dans le cadre de la Fraternité du Bon Samaritain -association fondée par Edouard Gueydan, jésuite- n’est pas une thérapie, mais une approche psycho-spirituelle. À la lumière de la foi, il s’agit d’identifier nos blessures et de pardonner au nom du Christ à nos agresseurs. Ce processus prend du temps, soit lors d’une session de huit jours ou à travers d’accompagnements personnels sur plusieurs mois ou années.

Accompagnatrice spirituelle
Le hasard m’a amenée à accompagner pendant un an un ami en fin de vie, alors que je n’avais pas de formation en ce domaine. C’est auprès de lui, à travers une écoute sans jugement, que j’ai ressenti la nécessité pour chacun de se réconcilier avec son histoire à travers le pardon. C’est après que le P. Gueydan, qui m’avait accompagnée pendant des Exercices spirituels de St Ignace, m’a proposé de devenir accompagnatrice spirituelle et de contribuer à la fondation d’une association orientée vers les personnes blessées et le thème du pardon : la Fraternité du Bon Samaritain.

La foi est essentielle
Dans ce travail de pardon, la foi est essentielle. Elle en est vraiment la clé de voûte. La guérison des blessures ne peut intervenir qu’à travers un "tiers" : l’Esprit d’amour et de vérité qui est l’acteur principal. C’est Lui qui éclaire et donne la force de pardonner. Sans Lui certains pardons sont impossibles.

Une foi enrichie par cet engagement
Comme tout être humain, je suis aussi une personne blessée et je suis moi-même accompagnée par une personne d’expérience qui m’a aidée (et m’aide encore) à vivre une foi plus cohérente et authentique. Cette démarche m’a permis d’aller vers la Source qui était obstruée par mes blessures. Par ailleurs, cet engagement m’a rendue témoin d’expériences merveilleuses de transformation personnelle et m’a convaincue de la présence de Dieu en chacun de nous, en particulier à travers nos fragilités. Je fais souvent l’expérience que le Christ ressuscité et ressuscitant vient frapper à la porte de nos blessures pour transformer toute notre vie grâce au pardon.

Engagée dans la diaconie de l’Église
Mariée à un diacre, nous vivons ensemble en couple, des temps de prière, de méditation et de dialogue qui m’aident à avancer, car je côtoie souvent de grandes détresses existentielles. Et, je dirais que je suis, comme Patrice, engagée dans la diaconie de l’Église à travers mon attention à ce type de souffrance, qui est certes moins visible que la précarité sociale, mais qui mine tant de personnes en quête de réconciliation profonde avec elles-mêmes, avec les autres et avec Dieu.

Charo Ramos Sauvage

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