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En toute Humanité

Voici venu le mois de mai, il s’ouvre par la traditionnelle fête du travail. Pour moi qui ne suis pas d’une famille militante, cette journée est celle du muguet plutôt que du défilé. Cette année les clochettes sont bien ouvertes mais le travail n’est pas à la fête. Que de raisons de s’exprimer !


Le monde du travail explose dans ses formes qui nous sont familières et réglementées (diversité de contrats, d’obligations, d’organisations…), de nouvelles (autoentreprenariat, uberisation…) se cherchent, se dessinent se mettent en place… Quelle implication de la société, des organisations, des travailleurs eux-mêmes ?
Quelle part doit prendre l’État ? Comment favoriser le débat ? Permettre à tous d’apporter réalités, points de vue, arguments… ? Faire en sorte que tous soient écoutés et considérés… ? Comment ne pas monter les uns contre les autres ; accepter que les clivages, accentués ces derniers temps, enrichissent les propositions débattues pour aboutir à un résultat cohérent, soutenable et porteur ? Au niveau de l’unité de travail - l’entreprise, l’usine, le service - quelle réalité de dialogue social ? Existe-t-il ? Peut-il se vivre en vérité ? Aujourd’hui, nous, membres de l’ACO dans nos diversités, quelle est notre implication dans le dialogue social sur nos lieux de travail ?
La valeur du travail est de plus en plus réduite à son coût. Bien faire, progresser, s’y épanouir, perdent de l’importance. Le rapport au travail change. L’idolâtrie de l’argent, la financiarisation, la spoliation des richesses produites participent à la désaffection.
Je me sens appelée à inventer demain, aujourd’hui, en pensant à l’humain d’abord ; en étant attentive à privilégier des choix de vie et de société cohérents pour ne pas avoir à rougir en répondant à « qu’as-tu fait de ton frère ? »

Et demain ?

Nous sommes à un an des présidentielles, comment l’oublier ? D’une élection à l’autre, les acteurs politiques d’envergure nationale ne semblent penser qu’à ça. Les média de masse ne cessent de l’évoquer. Les spectres les plus pessimistes, décourageants et inquiétants sont avancés. Le populisme gagne. La forme parlementaire de notre démocratie est mise à mal, une déception forte vis-à-vis du gouvernement continue de croître…
Un projet politique devenu illisible, un enchainement de désillusions qui ne laisse plus espérer aucun sursaut…, où irons-nous trouver quelque étincelle ?
On ne prend pas en compte l’expression, la parole, c’est révoltant. Je ne m’y retrouve plus. Des choses nouvelles apparaissent. Porteuses d’espoir pour les uns, à observer pour certains et dédaignées par d’autres.
Nuit debout, On vaut mieux que ça, Panama papers, le Pape François et les migrants… de nombreux sujets qui auraient pu faire l’objet de ce texte et susciter nombre d’interrogations encore. Et oui, j’ai beaucoup de questions, peu de réponses.
J’ai besoin de faire le tri, de discerner et, pour cela, j’ai besoin d’informations recoupées mais aussi peut-être de silence. Prendre le temps de regarder la nature fleurir et d’écouter les oiseaux chanter, pour faire place à l’Esprit Saint et percevoir le souffle de son travail en moi, en nous, pour, ensemble, aller de l’avant et poser des actes responsables.

Elisabeth Peralta
le 28 avril 2016

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