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Inscrits dans une histoire... l’histoire du monde ouvrier... parlons-en !

"Nous ouvriers" : un documentaire en trois épisodes sur France 3 les 14, 21 et 28 mars

Ce documentaire, grâce aux témoignages de cinquante familles, raconte la vie des travailleurs et retrace l’histoire du mouvement ouvrier de 1945 à aujourd’hui en France.
Une occasion de s’informer, de s’enraciner, de débattre !


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  • 9 mars 2016
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On a peine à l’imaginer. Ils sont pourtant des millions. Des millions de corps qui se plient, de mains qui s’activent, de sueur , de cambouis, de gestes chaque jour mille et mille fois répétés. Ils sont là et pourtant invisibles.
Il faut des fermetures d’usines et des vies qui s’écroulent pour que l’on redécouvre, étonné, leur existence.

Cette fresque historique en 3 volets, de 1946 à nos jours, revient sur les révolutions, les frustrations, les victoires et les échecs qui ont changé radicalement le visage du travailleur en France.

Ils sont là et pourtant invisibles. Car ces hommes et ces femmes ont disparu de notre champ visuel. Il faut des fermetures d’usines et des vies qui s’écroulent pour que l’on redécouvre, étonnés, leur existence.

Au sortir de la Seconde guerre mondiale, ces travailleurs étaient pourtant acclamés comme des héros. « Gueules noires » et métallos étaient alors les figures incontournables de la reconstruction et les fers de lance des plus grandes avancées sociales.

Comment une telle mutation a t-elle pu avoir lieu ?

Cette fresque historique en 3 volets revient sur les révolutions, les frustrations, les victoires et les échecs qui ont changé radicalement le visage du travailleur français. Pour cela, il faut partir ausculter les mémoires.

Avec près d’une cinquantaine de familles, du Nord au Sud de la France, d’Est en Ouest, ce film dresse le portrait de cette France ouvrière par ceux qui l’ont faite et continuent de la faire. Une plongée dans les souvenirs entremêlés afin que se redessine la réalité de la vie ouvrière. Celle du fond de la mine, celle de la chaîne, de la « ligne » comme l’on dit poliment aujourd’hui. Mais aussi le quotidien des courées, les jardins bêchés les dimanches, les bistrots, les bals et les réunions syndicales.

En suivant le fil de ces mémoires entrelacées, aidé par un comité éditorial d’historiens et de sociologues, ce film pose aussi la question de la désindustrialisation de la France voulue par les gouvernements successifs dès les années soixante.

Pour la première fois, cette trilogie propose un portrait d’ensemble de ces hommes et femmes qui ont reconstruit la France avant que cette dernière ne les sacrifie sur l’autel de la « nécessaire » rentabilité.

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Dans sa première partie, le film décrit les années d’après-guerre.

Les ouvriers sortent auréolés de leur engagement massif dans la Résistance, et la fierté d’appartenir à ce monde est grande.

Dans l’inconscient collectif, l’ouvrier a le visage et la gouaille de Jean Gabin. Le travail en usine ou à la mine reste une réelle épreuve, mais les acquis du Front populaire et les réformes sociales de 1945 laissent espérer aux ouvriers une amélioration de leurs conditions de vie.

Au beau milieu des Trente Glorieuses, la France construit l’Europe en réformant son industrie. Les puits de mines sont progressivement abandonnés. La décentralisation industrielle, lancée dans les années soixante, est une aubaine pour certaines régions de l’Ouest et du Sud de l’hexagone, mais marque le début du déclin des bassins industriels traditionnels.

Au cœur de la Ve République gaulliste, les ouvriers doivent faire face à une nouvelle révolution industrielle. L’automatisation redessine sa place. Ces années-là parlent de progrès, de confort et de plein emploi. Mais les ouvriers de cette génération s’interrogent : ne sont-ils que des machines à produire ?

Ils y ont crû : un président de gauche devait forcément les protéger. La désillusion est terrible. Dès 1983, la fermeture des Hauts-Fourneaux, les restructurations dans l’automobile, les délocalisations, l’intérim, le chômage, la précarisation de la vie assomment les ouvriers.

Celui qui a un emploi est un chanceux. Pour le conserver, il faut faire profil bas et endurer un rythme toujours plus soutenu. Les ouvriers qui, un temps, avaient espéré accéder aux classes moyennes, se retrouvent une nouvelle fois relégués en bas de l’échelle. La fierté d’appartenance à une classe laborieuse a disparu avec cet espoir déçu. Désormais, on ne se dit plus « ouvrier ». On préfère le nom d’ « opérateur » ou de « technicien ». Sept millions de travailleurs sont ainsi « ouvriers » sans vraiment le savoir eux-mêmes.

Des avant-premières partout en France pour créer le débat :

Le mercredi 9 mars 2016 à la Maison des Métallos à Paris
Le mercredi 16 mars au cinéma Jean Vigo à Gennevilliers

D’autres sont en préparation à Lyon, Lille, Rouen..."

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