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      Tisser demain

Tisser demain

Il est des années où l’on a l’impression que tout ce que l’on a voulu bâtir s’effiloche ; où toutes ces affiches qui ont tapissé les murs, porteuses d’espérance, n’ont servi à rien.
Il est des années qui nous paraissent troublées et que l’on préférerait oublier.


A la suite de notre Rencontre nationale, à Angers, j’ai pu admirer cette magnifique tapisserie de l’Apocalypse, une œuvre majestueuse qui nous oblige à ne pas faire du surplace si l’on veut l’admirer. Elle nous oblige à nous mettre en route pour parcourir l’image d’un temps troublé ; mais aussi 140 mètres de relecture d’une époque, non pas de l’époque de St-Jean, mais celle de ceux qui, au milieu d’un conflit qui allait durer cent ans, tissaient les souffrances qu’ils pouvaient voir chaque jour. Relecture des heures sombres de leur présent : guerre, famine, peste… au travers de représentations de cavaliers portant des tenues anglaises…
Une œuvre qui pourrait sembler effrayante si l’on ne faisait pas l’ensemble du chemin, si l’on ne s’arrêtait que devant cette représentation ; qu’aujourd’hui encore on pourrait tisser au milieu de la violence, de la guerre, du terrorisme, de cette autre peste, la peste brune qui envahit nos cartes électorales, d’un climat déboussolé… Tant de malheur, comment continuer à espérer… ? Et pourtant, je l’ai bien vu : la fin de cette tapisserie, tissée au milieu de l’épreuve, je l’ai bien vue annoncer clairement la Jérusalem nouvelle, la paix, la justice… Alors oui, il est des années où tout s’effiloche, où l’on ne sait pas ce que nous devrons encore traverser comme échecs, comme désillusions, mais il faut continuer, l’espérance glissée dans la besace, parce que c’est au bout de cette route qu’est le Royaume.

Sur les routes de l’Exil

Nous ouvrons, avec ce numéro de Témoignage, une nouvelle année qui verra l’ACO vivre dans chaque région des assemblées proposant de bâtir 1 000 projets pour oser l’espérance. Audace d’une route à prendre, comme cette route de l’Exil - Parole qui sera mise au centre de ces rencontres. Une route qui nous fait, tout autant que nous la faisons. Un exil, parce qu’aujourd’hui, demain semble bien flou ; parce que nous ne savons pas très bien où nous allons, ni comment nous arriverons. Pourtant, il faut continuer à avancer, avec ces jeunes générations aussi qui semblent ne plus se reconnaître dans nos combats d’hier et qui bousculent, même dans notre mouvement. Il faut avancer en gardant dans notre besace, en plus de l’espérance, notre double fidélité à Dieu et à la classe ouvrière.
Chemin de gestation, chemin de renaissance… c’est quand il est en marche qu’un peuple se construit. Chemin d’audace aussi. Alors oui, nous traversons des moments difficiles, d’autres s’annoncent, mais des petites lumières sont là, bien présentes le long du chemin, elles éclairent la route. Sachons rendre grâce pour ces petites flammes qui scintillent de luttes, d’engagements nouveaux, de volontés de vivre ensemble… Elles sont là et irradient déjà « malgré la nuit ».
Durant cette année qui commence, soyons attentifs à tout ce qui se révèle d’un monde nouveau qui se construit, ces petites graines qui feront fleurir notre désert d’aujourd’hui.

Sylvain Knittel
le 15 décembre 2015

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