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      Arrête-toi et regarde

Arrête-toi et regarde

C’est comme si une année nouvelle s’ouvrait. Il est vraiment ressuscité, alléluia ! L’espérance s’invite, témoignons-en.


Arrête-toi, regarde et reviens ! Recommandation du Pape François, dans l’homélie du mercredi des cendres pour ce Carême. Période privilégiée pour prendre le temps, « Laisser cette agitation et cette course insensée ». J’ai lu ce texte mais je n’ai pas réussi à le mettre en application. 40 jours seulement… et je n’y arrive pas. Non pas parce que nous préparons la Rencontre nationale de St-Étienne, ni depuis que je suis au Secrétariat national. Non, vivre le Carême sur un autre rythme, je crois bien que ça ne m’est jamais arrivé. Certaines années, j’ai été plus attentive à ceux qui m’entouraient mais je crois que jamais je n’ai vécu pleinement une conversion me permettant d’accueillir « un cœur nouveau, un esprit nouveau ». Est-ce le rythme de la région parisienne ? L’injonction à tout vivre en accéléré pour être et rester en mouvement ? Signe d’une foi routinière ?

Mémoire vivante

Quoi qu’il en soit, il est bon d’avoir des rendez-vous réguliers qui nous remémorent, nous rappellent, ravivent la force de la foi et de l’espérance. Un arrêt, même petit, avec ou sans chocolat, permet de revenir vers le Père, les fondements, la source que l’on reconnaît, qui nous inspirent, et qui portent nos convictions. Nous croyons au Christ ressuscité, sauveur du monde, vainqueur de la mort, présent dans nos vies, nos rencontres, nos galères, nos lâchetés, nos combats petits ou grands. La confiance et l’amour qu’il nous donne, et que nous faisons nôtres, sont renouvelés. Et, qui sait, peut-être l’arrêt qui permettra de se mettre à l’écoute sur un autre rythme…

Ébullition sociale

Car bien des rendez-vous s’annoncent : les états généraux de la bioéthique, des migrations, synode des jeunes, anniversaire de Mai 68… Des rendez-vous auxquels prendre part selon sa sensibilité, pour échanger, s’informer, débattre, cerner l’essentiel, discerner le bien commun, relire la transmission, l’héritage ; permettre que du neuf émerge dans le respect du vieux, que des choses naissent. Plusieurs conflits sociaux sont en cours : retraités, EHPAD, fonctionnaires, SNCF, Air France, universités… Il est difficile aujourd’hui d’appréhender les questions et revendications portées. Se faire une opinion circonstanciée et documentée demande du temps et une certaine exigence. Or, lorsque tout va vite et qu’un sujet chasse l’autre, la tentation est de rester en dehors ou en surface. J’ai le sentiment que pour le conflit à la SNCF, plutôt qu’un rapport de force entre direction, État et syndicats, tout se joue sur l’opinion publique. De quel côté les usagers (ou même pas) vont-ils pencher ? Va-t-on aller au fond de ce qui se joue : la qualité du service de transport, des moyens et infrastructures, les conditions de travail de tous les acteurs, la régulation du marché désormais ouvert ? Tous les services publics sont aujourd’hui touchés, des orientations ont été prises ; usagers, nous subissons les conséquences, nous entrevoyons les impasses. Comment s’adapter et influer sur ce monde toujours en mouvement ? Quelle société, quel monde voulons-nous ? En ce printemps timide, où les averses et les éclaircies se font la course, sachons agir pour un juste partage des richesses qui profite à tous.

Elisabeth Peralta

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