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      Aux assoiffés de justice

Aux assoiffés de justice

Le numéro de Témoignage que vous tenez entre les mains est le premier de l’année. Nous venons de laisser derrière nous Noël et sa symbolique de lumière nouvelle pour entamer les premiers pas d’une année qui, sur bien des aspects, apparaît décisive et charnière.


En effet, des échéances électorales vont rapidement se présenter chez nous. Les débats qui marquent la campagne sont là pour nous rappeler que nous sommes au cœur de choix de société fondamentaux, qui touchent au devenir de notre vivre ensemble, à la possibilité pour chacune et chacun de contribuer au bien commun et de bénéficier d’une protection sociale digne de ce nom.

Des choix politiques éclairés

Que des millions de personnes, par leur engagement et/ou par leur vote aux primaires de la droite et de la gauche, s’investissent dans cette campagne pour affirmer de quel côté penche leur vision de la société de demain, est évidemment plutôt encourageant. Mais, comme chrétien, je ne peux m’empêcher de voir aussi que les catégories populaires, les personnes qui souffrent le plus des crises (économique, environnementale et poli¬tique), sont aujourd’hui les plus éloignées de ces choix politiques ; quand elles ne tombent pas sous l’emprise d’idées visant le repli sur soi, le rejet de l’étranger et l’intolérance. Sans doute faut-il entendre ce ’cri’ de toute une population oubliée et sacrifiée, qui ne parvient plus, ou alors difficilement, à vivre de son travail.

Une utopie combative

Sans doute y a-t-il aussi à interroger nos modes de production et de consommation, pour faire en sorte qu’ils répondent aux besoins de tous. N’y a-t-il pas également à redonner aux travailleurs un certain pouvoir sur ce qui est produit ? Je me retrouve pleine¬ment dans l’interpellation qu’a lancée le pape François, en novembre dernier à Rome, lors de la rencontre des mouvements populaires (où l’ACO était représentée par Xavier Pottiez) : « Qu’arrive-t-il au monde d’aujourd’hui où, quand une banque fait faillite, des sommes scandaleuses apparaissent immédiatement pour la sauver alors que quand c’est l’humanité qui fait faillite, il n’y a pas une once de ces sommes pour sauver les frères qui souffrent tant ? » Cette interpellation nous invite, au fond, non seulement à nous laisser bousculer par le sentiment d’injustice mais surtout à ne pas nous y résigner. Cela suppose d’avoir les yeux ouverts sur toutes ces luttes, toutes ces expériences nouvelles qui cherchent depuis plusieurs années à redonner du sens à la démocratie (à l’image de Nuit Debout, l’an dernier, par exemple), et à rendre ce monde plus humain, plus solidaire. Ces signes d’une « utopie déjà là » travaillent en profondeur notre humanité et se manifestent avec une intensité variable selon les circonstances. « Utopie déjà là » que les défaites d’hier ne sont pas parvenues à éteindre et qui continue de chercher à advenir, malgré tout.
En regardant ces signes, en nous engageant auprès de nos frères et sœurs pour manifester cette utopie d’un monde de justice et de paix, peut-être pouvons-nous continuer d’entendre Jésus nous encourager : « Heureux les assoiffés et affamés de justice, ils seront rassasiés » (Mt 5,6).

Bruno Cadez, le 16 décembre 2016

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